Sanofi-2 (Crédit: / Adobe Stock)
Le premier semestre a été riche en annonces pour le laboratoire pharmaceutique. En matière d'avancées cliniques et réglementaires, Sanofi a communiqué trois bonnes nouvelles successives, même si elles ne concernent pas des médicaments à très forts potentiels. Tzield a été approuvé dans le diabète de type 1, et le tolebrutinib a également décroché le feu vert européen dans les formes sévères de sclérose en plaques progressive, mais sa toxicité hépatique contraint à un suivi étroit des patients.
Enfin, des résultats positifs de phase III ont été communiqués pour Nexviadyme chez les nourrissons atteints de la maladie de Pompe. Les prochaines données de l'amlitelimab en dermatologie, qui, lui, dispose d'un potentiel de blockbuster, seront scrutées au troisième trimestre, alors que plusieurs des plus gros candidats médicaments du groupe avaient échoué en 2025.
20 milliards de capacité financière
Autre fait marquant, la nouvelle directrice générale, Belén Garijo, a pris ses fonctions le 30 avril. Les investisseurs estiment qu'elle dispose de cinq ans, avant l'expiration du brevet du médicament phare Dupixent, pour préparer «l'ère post-Dupixent», en étoffant un portefeuille jugé aujourd'hui insuffisant. Le choix des acquisitions sera donc crucial, sachant que les rachats de biotechs, dont les prix ont flambé, sont toujours risqués. Selon les analystes, l'achat d'actifs aux profils diversifiés dans les maladies rares, les vaccins ou l'immunologie serait l'approche la plus probable. Avec une capacité financière estimée à 20 milliards d'euros, à laquelle s'ajoutent des cash-flows libres élevés nourris par le succès de Dupixent et une possible vente, à moyen terme, des 48% de la participation restante dans Opella (ex-division Santé grand public), le laboratoire a de la ressource. Une bonne utilisation de celle-ci sera décisive.
La publication des comptes du deuxième trimestre, dans deux semaines, permettra à Belén Garijo de faire sa première communication publique. Les résultats ne devraient pas réserver de surprises, selon Oddo BHF, qui attend notamment «un impact négatif des changes de l'ordre de 2% sur les ventes et de 3% sur le bénéfice par action ajusté». La progression du très rentable Dupixent, qui a généré 15,7 milliards d'euros de ventes en 2025 et pèse 40% des facturations du groupe, devrait rester soutenue. La rentabilité du laboratoire devrait continuer à s'améliorer, estime le courtier, qui rappelle que «le profil de croissance des bénéfices de Sanofi (+ 10% par an attendus) est supérieur à celui de son secteur (+ 6%)».
Nous sommes à l'achat sur le titre. Alors qu'il cède près de 10% depuis le début de l'année, la décote se creuse atteignant 45 % par rapport au secteur européen, les investisseurs n'ayant pas repris confiance dans la qualité de la R&D du groupe. La pertinence des choix stratégiques décisifs de la nouvelle patronne pourrait déclencher un rattrapage boursier. Le rendement du dividende est élevé. Viser 100 €.
Retrouvez cet article sur INVESTIR
0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer